Thermalisme, un vecteur de développement pour le tourisme en Tunisie

Les eaux thermales sont un don de la nature. Dès le premier âge de l'humanité, elles ont été recherchées par l'homme pour se soigner. Au fil des siècles, la médecine thermale ne s'est pas cantonnée aux applications traditionnelles. Elle a optimisé les bienfaits des eaux thermales par des techniques qui se sont, sans cesse, renouvelées et améliorées.

En Tunisie, on compte quatre stations thermales (Djerba, Korbous, Djebel Oust et Hammam Bourguiba) disposant d'équipements thermaux à la pointe du progrès et offrant des traitements spécialisés selon les propriétés thérapeutiques de leurs eaux. Les cures thermales pratiquées dans ces stations sont à la fois curatives (en complément des soins médicaux ou chirurgicaux) et préventives (des rechutes ou des aggravations).

Deuxième destination internationale, la Tunisie est reconnue également pour la qualité de ses centres de thalassothérapie qui font le bonheur des curistes tout au long de l'année. Ainsi, on peut affirmer que le thermalisme, avec ses composantes, constitue, à l'instar de toute autre activité économique, un vecteur de développement très important pour le secteur du tourisme, du développement régional et de la médecine douce. Ainsi, la cellule professionnelle de l'Office du thermalisme a organisé, jeudi, dans le cadre des festivités du XIXe anniversaire du Changement, un séminaire sur la mise à niveau des stations thermales et des centres de thalassothérapie (formation et certification), compte tenu de la grande importance accordée à ce secteur.

Il est à noter qu'une stratégie nationale pour le développement du secteur thermal à l'horizon 2016 a été élaborée depuis 2002. On est actuellement à la troisième phase de l'étude intitulée plan d'action. De ce fait, M. Abdelhakim Griri, directeur des études et des programmes à l'Office du thermalisme a précisé : «Cette stratégie comporte de trois phases. La première était l'étape de diagnostic du secteur. La deuxième a été l'identification des axes stratégiques qui consistait à réaliser 10 unités d'eau chaude, 3 autres unités d'eau conditionnée, 7 hammams, en plus de la rénovation des 3 hammams existants. L'Etat va investir dans ces réalisations 53 millions de dinars et le privé 225 millions de dinars».

Par ailleurs, le plan comporte 7 actions principales. Il s'agit notamment de l'incitation au financement du thermalisme consistant essentiellement à prendre en charge certaines dépenses d'investissement, à mettre en place des incitations pour la mise à niveau des unités thermales existantes par l'installation d'un fond spécial. «On va axer également, pendant cette phase, sur le développement, la protection et la gestion des ressources, ainsi que le développement des ressources humaines et de la recherche scientifique. Pour ce dernier volet, on va créer une filière de formation supérieur et professionnelle dans les métiers du thermalisme puisqu'on souffre actuellement d'un manque de spécialistes dans ce domaine. Il s'agit notamment de la mise au point et du suivi des thèmes de recherche en matière du thermalisme, ainsi que l'intensification de la recherche», a souligné M. Griri.

De même, dans cette dernière phase de la stratégie de mise à niveau du à secteur, on s'intéressera davantage à l'exploitation et à l'emballage des eaux conditionnées afin de développer les opportunités d'exportation, ainsi que la promotion des projets et du produit thermal pour exploiter les potentialités de commercialisation.

Par ailleurs, on parle actuellement de la norme tunisienne NT 126.06 (2006) intitulée : «Services touristiques, bonnes pratiques dans les établissements thermaux», qui est un système de normalisation complétant les cahiers des charges . Différents produits du tourisme de santé sont abordés par la normalisation à l'Innorpi. Il s'agit notamment des soins et bien-être, de la thalassothérapie, du thermalisme et de la balnéothérapie. De même, cette norme tunisienne est élaborée suivant une démarche qualité entre l'infrastructure, les équipements, le facteur humain, les bonnes pratiques et les matières.

Station de Mallègue : un projet d'avenir

Hammam Mallègue se trouve à une quinzaine de km à l'ouest du Kef. On y accède par une piste longue d'une dizaine de km, en assez bon état et débouchant sur route Le Kef - Souk-Ahras à 4 km au sud-ouest du Kef. Les eaux thermales de Hammam Mallègue, étaient utilisées par les Romains comme en témoignent les vestiges des anciens thermes avec leurs bassins assez bien conservés et qui sont encore utilisés par les curistes.

Les eaux thermales alimentent des bassins romains utilisés comme un hammam traditionnel. Ce hammam est très fréquenté. Il y a eu plusieurs idées de projets de construction d'un établissement thermal moderne. «Il s'agit de construire une station thermale moderne sur le site romain. Après la résolution du problème foncier, puisque le terrain fait partie du domaine de l'Etat , on a établi un plan d'aménagement et on a fait une étude hydrogéologique de la source avec le concours de l'Office du développement du Nord Ouest. Le projet est évalué à 6 millions de dinars. La première étape va démarrer en 2007 pour un coût de 1,5 million de dinars dont 40% proviennent de l'investissement privé», a confié M. Belgacem Attafi, le promoteur du projet.

Source : fr.allafrica.com

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