Masseur un métier d’avenir

Un hôtel de luxe qui se respecte ne peut plus se permettre aujourd’hui de se départir d’un spa. Le dernier en date, le Shanti Ananda, a récemment ouvert un véritable temple de bien-être. Les traitements traditionnels indiens et de l’ayurveda qui y sont notamment prodigués nécessitent une armada de masseurs, thérapeutes et coachs.

D’autres spas de moindre envergure s’ouvrent aux quatre coins de l’île. Le métier de la forme se porterait-il bien ? Aurons-nous suffisamment de masseurs qualifiés pour faire face à ce véritable engouement ?

Certes, ceux qui s’autoproclament masseurs et qui dispensent leurs prétendus soins dans des arrière-salles pulluleront toujours. Faisant fi de tous les risques que cela peut comporter. “Nous n’avons que 32 physiothérapeutes pour une population d’environ 1,2 million. Ce qui est très peu”, constate Jean Félix, physiothérapeute, senior lecturer de la faculté de Health Science à l’université de Maurice et responsable de la formation des physiothérapeutes. Cette tendance est amenée à s’inverser dans les années à venir avec la création, pour la première fois, il y a trois ans, d’un BSc Honors en physiothérapie. Nos hôtels ou autres centres de soin pourront compter sur ces premiers diplômés qui inonderont le marché du travail l’année prochaine. Ce métier a connu un emballement certain auprès des jeunes ces trois dernières années. Ils étaient 30 à faire la demande d’inscription à cette licence la première année contre 300 la troisième année.

En attendant, les hôtels sont obligés de prendre en charge la formation et la spécialisation du personnel des spas. “Nos masseurs ont à la base des compétences en anatomie et physiologie. Nous leur offrons une formation de plusieurs mois sur le tas concernant les traitements spécifiques qu’offre notre spa”, explique Nina Shapiro, spa manager du Taj Exotica Resort & Spa “Nous ne pouvons pas nous permettre d’employer quelqu’un sans qualification. C’est un business très délicat. Nous touchons des corps. Nous ne travaillons pas avec du ciment. Les gens viennent non seulement pour des problèmes musculaires mais aussi et surtout pour de longues plages de détentes et de relaxation.”

Le massage a, certes, évolué. S’il y a 30 ans, il se faisait principalement dans des sanatoriums par des sessions ponctuelles à des points précis du corps. Aujourd’hui, se pratiquant sur tout le corps, il a véritablement changé de visage. Le massage se combine avec d’autres soins. Et les bienfaits en sont décuplés. C’est ainsi que les hôtels de luxe se sont associés aux grandes marques de cosmétiques et de soin telles que La Prairie, Guerlain ou Clarins.

Intimité et respect

Une année supplémentaire de spécialisation en aromathérapie s’est ainsi imposée à Sahuddin Nuckched, masseur depuis 10 ans. Car, dit-il, il faut savoir se mettre à la page malgré son diplôme obtenu en Afrique du Sud, il y a dix ans. Il a beaucoup travaillé dans les hôtels avant de finalement se mettre à son compte à Pailles. “Bien sûr qu’il faut savoir se diversifier. Utiliser, par exemple, les appareils à ultrasons pour soulager les muscles tendus. Mais l’essentiel est de savoir faire traverser ce flux d’énergie dans le corps du patient pour qu’il ressente un réel bien-être. Et cela s’acquiert avec de l’expérience”, souligne Sahuddin Nuckched. Il se dit très fier d’exercer ce noble métier qui est de soulager les maux des autres et qui requiert intimité et respect entre masseur et massé. “Il est regrettable que des gens servent mal le métier en faisant n’importe quoi et salissent la réputation du thérapeute.”

Pour d’autres masseurs, cette science, mais aussi art subtil, peut s’avérer très astreignante. Souvent, après beaucoup d’années d’exercice de ce métier, ils préfèrent opter pour la formation. “C’est très dur de faire ce métier pendant longtemps. Ce travail demande beaucoup, physiquement et mentalement. Il faut une grande dose de maturité pour pouvoir l’exercer. Il ne faut surtout pas l’envisager comme un job qu’on fera de 9 heures à 16 heures”, rappelle Nina Shapiro, qui a 15 ans de métier à son actif.

Les jeunes qui ne rechigneront pas devant l’effort physique et psychologique trouveront des débouchés dans ce métier. Un domaine où il manque cruellement de masseurs, affirme Jean Félix, est la médecine sportive. Là, le physiothérapeute devient un maillon indispensable. Il prépare l’athlète à l’effort, il est présent à ses côtés pendant la compétition. Il est aussi là pour traiter les éventuelles lésions telles que claquage musculaire et tendinite.

Plus généralement, les masseurs accueillent des patients dont le corps est meurtri par des agressions physiologiques et psychologiques. “Le scénario est généralement le même. Ce sont des gens qui ont des douleurs au dos, à l’épaule et à la nuque. Ces signes en disent long. Ils reflètent le stress de cette vie moderne et trépidante”, affirme Sahuddin Nuckched. Et aucune machine ne pourra remplacer les mains expertes d’un masseur qualifié pour en extirper tensions et douleurs.

Source : www.servihoo.com

retour actualités thalasso